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 Puis-je écouter sans penser ?

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AuteurMessage
Bernard




Nombre de messages : 301
Age : 70
Date d'inscription : 08/06/2007

Puis-je écouter sans penser ? Empty
MessageSujet: Puis-je écouter sans penser ?   Puis-je écouter sans penser ? Empty15/5/2022, 22:13

Café philo du dimanche 15 mai 2022 au restaurant Les Associés :
Animateur: Bernard

Participants: 37 (1 inconnue, Patrick, Viviane, Jean-Pierre K, Jacques B, Pascaline, Pascale, Thierry, Véra, Jean Antoine, Erika, Raphaël, Sabine, Larsene, José, Patrice L, Michel Blachère, Bernard, Nima, Eric, 1 inconnue, Jean-Pierre S, Annick, Michel Barone, Bruno, Serge, Raoul, Jocelyne, Daniel L, Patrice K, Christine, Farid A, Georges, Marie, Claude, Orna, Irène).

Sujet retenu : puis-je écouter sans penser ? (Proposé par Larsene)

Les informations sur les cafés philo de la semaine prochaine :

- mercredi 18 mai 2022 de 18 heures 30 à 20 heures 30 en visioconférence avec pour animateur Georges
- dimanche 22 mai 2022 de 11 heures à 13 heures au restaurant les Associés avec pour animateur Bruno.

Et ci-dessous des textes transmis par Jean Antoine pour poursuivre la réflexion.

Bien à vous.

Véra.
__________________________________________________________________________

Aragon
Une recension de Catherine Portevin, publié Philosophie Magazine le 03 décembre 2015

Depuis un demi-siècle, constate Philippe Forest, Aragon a été « davantage écouté que lu », Brassens, Ferrat, Ferré, eux-mêmes réinterprétés par de jeunes chanteurs, ayant plus œuvré à sa postérité populaire que le PCF dont le poète fut l’icône.

C’est avec le recul de son propre demi-siècle que le biographe affirme : « On n’en a pas fini de lire Aragon. » « Son » Aragon peut dès lors se lire comme un roman générationnel autant que comme un ouvrage d’histoire littéraire (notamment sur le surréalisme) aussi complet que rigoureux ; il se dévore surtout comme un travail d’écrivain pensant la littérature avec un autre écrivain. En entrant dans le « vertige d’Aragon », il éclaire son « mentir vrai » par sa « passion du réel », rarement aperçue.

C’est pourquoi, bons (jusqu’au sublime) ou mauvais, les vers d’Aragon nous touchent car ils touchent « le pathétique propre de l’expérience humaine ».

Suivre la voix de Deleuze

Une image contenant personne, groupe, gens, foule

Description générée automatiquementGilles Deleuze à l'université de Vincennes en 1975. © Hervé Gloaguen/GAMMA-RAPHO

Octave Larmagnac-Matheron publié Philosophie Magazine le 07 février 2021

Lire Deleuze, c’est bien. L’écouter, c’est mieux ! Ça tombe bien, l’ensemble des enregistrements des cours donnés par le philosophe de 1979 à 1987 à l’université de Vincennes est désormais disponible sur Gallica. De Spinoza à la peinture, de Foucault au cinéma, il y en a pour tous les goûts. L’occasion d’assister à l’élaboration d’une pensée qui tâtonne, qui cherche, qui explore. D’une pensée qui, avant de se figer dans l’écrit, est d’abord un mouvement et une voix. « L’écrit garde un caractère oral », note Deleuze dans Mille Plateaux (Minuit, 1980). Il conserve la trace d’une voix qui, traversée par « toutes sortes de voix », doit se frayer un chemin à travers les bruits parasites pour trouver sa propre voie.

Les enregistrements de Deleuze rappellent ainsi combien la parole est, toujours, en son origine, incarnée : « C’est du visage que la voix sort. […] Le langage est toujours accompagné par des traits de visagéité. […] Il est à lui-même tout un corps. » C’est aussi ce corps du penseur, cette pensée par le corps, que la bibliothèque sonore de Deleuze nous permet de découvrir.

Leibniz et le bruit de la mer
Blaise Bachofen publié le 24 septembre 2012 1 min

Écouter le bruit de la mer, rien de plus simple ? Au contraire, affirme le penseur allemand, rien n’est plus compliqué. Car, lorsque nous pensons ou ressentons une chose, nous ignorons la complexité des éléments qui la composent, ainsi que ce qui se passe en nous.

Lorsque nous entendons le bruit de la mer, nous entendons en réalité un « assemblage » (Nouveaux essais sur l’entendement humain).  Cet « assemblage » est l’ensemble des innombrables petits bruits que font toutes les vagues déferlant sur le sable, chacun de ces petits bruits résultant du bruit de toutes les gouttes d’eau s’entrechoquant dans chaque vague.

Voilà pourquoi ce qui semblait simple se révèle compliqué. Écoutant la mer, nous n’entendons -pas le bruit de chaque vague, encore moins le bruit de chaque goutte d’eau. S’il y avait une vague de plus ou de moins, nous n’en aurions pas conscience. Pourtant, le bruit de la mer n’est fait que de ces bruits que nous n’entendons pas : si chacun de ces bruits se réduisait effectivement à rien, nous n’entendrions rien, car une somme de riens a pour résultat un autre rien.

Petites perceptions

Ces données sensorielles constituent la base de notre représentation du monde mais, prises séparément, elles sont « insensibles », car trop faibles et confuses pour franchir le seuil de la conscience. Leibniz les distingue de l’« aperception », qui est la perception vécue comme telle, la perception dont nous avons conscience.
Cet exemple de petites perceptions, ou perceptions insensibles, illustre la différence entre ce que nous percevons et ce que nous avons conscience de percevoir. Le bruit de la mer, ce murmure ou ce fracas qui semble nous parler d’une seule voix, est qualitativement différent de la multitude des infimes clapotis qui le composent. La perception consciente est le fruit d’une modification du donné sensoriel. Cet exemple n’est pas une curiosité singulière : toutes nos représentations conscientes relèvent de la même logique, d’un processus inconscient de sélection et de globalisation qui fabrique du simple avec du complexe.

Intégration
En mathématiques, c’est l’addition de quantités infinitésimales (qui tendent vers le zéro) : les différences de vitesse à chaque instant d’une accélération, par exemple. Leibniz invente, au même moment que Newton, des outils mathématiques permettant de calculer le rapport entre ces quantités infimes et la totalité qui résulte de leur intégration (calcul différentiel et calcul intégral).
Il y a donc dans les choses, mais aussi en nous, un infini abyssal que nous ne soupçonnons pas. Au-delà du problème de la perception, cette idée nourrit toute la philosophie de Leibniz. Elle s’inscrit dans une critique de Descartes : de même que beaucoup d’auteurs qui écrivent peu après le philosophe français, il s’en inspire tout en cherchant à le dépasser. Comme Descartes, Leibniz est convaincu que tout (l’esprit et la nature) obéit à une logique dont nous pourrions comprendre les lois.

Mais il faut pour cela employer une autre méthode que celle de Descartes. Ce dernier affirme qu’il suffit de décomposer un objet jusqu’à saisir ses éléments premiers pour en rendre compte. Or Leibniz montre qu’on trouve toujours, derrière ce qui paraît simple et indécomposable, des éléments encore plus subtils et composés. Tout est donc fait de réalités infinitésimales, ces « presque riens » qui ne sont pas tout à fait rien : par un processus d’intégration, l’infinitésimal constitue tout le réel qui se donne à notre conscience. Il découvre d’ailleurs un moyen de le traduire mathématiquement, en élaborant le calcul infinitésimal.

Avec cet instrument théorique, Leibniz espère expliquer l’organisation infiniment complexe et dynamique du vivant (plus adéquatement que Descartes, qui le réduisait à une simple mécanique), mais aussi les subtiles nuances de nos sentiments et de nos sensations, « ce je ne-sais-quoi, ces goûts, ces images des qualités des sens, claires dans l’assemblage, mais confuses dans les parties ».
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