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 Peut-on changer par nous même?

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AuteurMessage
fellion




Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 05/04/2020

Peut-on changer par nous même? Empty
MessageSujet: Peut-on changer par nous même?   Peut-on changer par nous même? Empty25/6/2020, 14:23

Peut-on changer par Nous-même?

Telle fut la question retenue hier soir. Étonnante formulation.
Deux pronoms personnels. "On", pronom personnel de la troisième personne du singulier, s’utilise pour désigner une ou des personnes indéfinies, en remplacement d’une forme passive. Ces personnes indéfinies deviennent un singulier dès lors que l’on se réfère à l’étymologie latine homo l’être humain. Ainsi nous pouvons entendre "on" comme étant chacun d’entre nous.

Nous-même pose un problème autre et plus vaste. Or l’oralité ne permet pas de distinguer entre Nous-même et nous-mêmes. La grammaire tranche, ce sera Nous-même et non nous-mêmes. « Nous avons nous-mêmes répondu à… », « dans un premier temps, nous verrons nous-même qu’il existe… »
On écrira la formule au pluriel lorsque « nous » comprendra plusieurs personnes. Exemple : « Mes amis et moi, nous avons nous-mêmes essayé de répondre. » On notera toutefois l’expression au singulier dans deux cas très précis.
Lorsque « nous » sera utilisé comme un équivalent du pronom « je ». Et, lorsque « nous » — le cas est rare — sera employé par une figure royale ou une figure de pouvoir.
L’interrogation commence par le verbe pouvoir exprimez à la troisième personne du singulier du présent de l’indicatif. Nous-même sans s s’impose, l’interrogation est singulière, individuelle, et non collective.

Par; marque le passage, le mouvement. S’emploie aussi au sens de; en, dans, avec l’idée de mouvement dans l’espace indiqué; la lumière se répand par le monde.

Au centre de la question, le verbe changer, sous la forme infinitive non pronominale (se changer, peut on se changer par Nous-même ?) Changer à la forme intransitive sans complément d’objet. Verbe non susceptible de recevoir un régime direct, et dont on peut dire qu’il ne comporte pas le passage immédiat de l’énoncé de l’action à celui de l’objet. Je change le monde, je me change transitif, je change.intransitif s’il n’y a de complément, c'est le constat dans le présent d’un changement ou d’une transformation du je sujet. Constatez, en ce moment je change… sous-entendu moi sujet. Changer de verbe, constatez, en ce moment je transforme.

Qu’est-ce qui change lorsque je dis je change ? Sous-entendu au travers, en, par moi-même. Je change d’aspect physique, de vêtement, d’esprit… quel est l’objet  et le mode du changement.

Il pourrait être inféré, changer le monde. Essayons, qui, entendu comme une personne, a opéré de grands changements et de quel type changement. Galilée, Newton, Marie Curie, Albert Einstein, la liste n’est pas close. Ont-ils changé le monde? Non, ils ont changé notre perception du monde, la perception de l’invisible l’attraction des corps, Galilée, Newton, la perception du corps par les rayons X, voir l’intérieur du corps sans l’ouvrir, jusqu’à la perception particulière du temps et de l’espace d’Einstein. Nul d’entre eux n’a changé le monde, mais ils ont changé la perception que j’en ai. Graham Bell, Marconi, Bill Gates Paul Allen, Steve Jobs, Steve Wozniak et Ronald Wayne qu’ont-ils changé, notre appréhension du monde. Roland Moreno, Larry Page, Sergey Brin, Mark Zuckerberg, Jeff Bezos ont changer l’usage du monde.

Changement apprécié détesté critiqué, etc. la liste pourrait être différente, elle n’est qu’exemple. Un changement, mais de quelle nature. Sur quels critères l’établir, changer un… ou changer des… changer tout ou partie ? Changement brutal ou progressif ? Evolution ou bouleversent? Progrès ou innovation? Quel choix, sur quels critères ? Remarquez que ce qui vaut pour le monde vaut pour moi. Puis je me changer radicalement ? Que puis je changer en moi ? Ou ne puis je que changer, transformer, les perceptions que j’ai de moi, ce que je fais de moi. Pour reprendre les critères de perception, d’appréhension et d’usage, précédent, que fais je de moi ?

« Qui peut le plus peut le moins ». Quelles normes, quelles valeurs me guidant peuvent servir un projet politique émancipateur. Quelles injonctions commandent ce changement ? Au constat "je vous salis ma rue", dois je répondre "je vous salut Marie" ?

Dois-je puiser une éthique des vertus chez Aristote, un déontologisme associé à Kant, allez jusqu’à l’utilitarisme. Peut-on se contenter de l’injonction négative « ne salit pas » à un injonction plus vaste et positive aller vers un monde meilleur diriger par un maximalisme. Nous pourrions nous satisfaire de « Die beste aller möglichen Welten » d’un « nous sommes dans le meilleur des mondes possibles ». Mais Pangloss réfute la proposition, Alvin Plantinga écrit que le meilleur est le meilleur de quelque chose déjà puisque l’on peut toujours concevoir un monde meilleur. Du point de vue de Bertrand Russell, Leibniz a échoué à montrer logiquement que la nécessité métaphysique (de la volonté divine) et le libre arbitre humain ne sont pas incompatibles ou contradictoires.

Changer, quoi que l’on change, ne pourrait-il se réduire au principe de non-nuisance aux autres, inspiré de la philosophie politique de John Stuart Mill articulée dans « De la liberté », mais que l’on peut faire remonter au serment d’Hippocrate, et qui s’illustre aussi chez Montaigne recommandant d’« éviter la cruauté ». Ce principe, dûment explicité, a une valeur incontestable et universelle, indépendante de tout engagement existentiel, métaphysique ou religieux, et qu’il est donc seul à pouvoir légitimer nos jugements concernant la conduite privée et pas seulement publique des uns et des autres. Tant que les gens ne nuisent pas délibérément et directement à autrui c’est-à-dire à une personne concrète, laissons-les faire ce qu’ils veulent d’eux-mêmes et de leur vie. Mis à part ce principe, toutes les règles qui prétendent régenter notre conduite n’énoncent rien de plus que des normes sociales et culturelles, dont la validité est seulement locale et relative quand bien même on invoque pour les soutenir d’invariantes « lois de la nature ». Elles permettent d’expliquer pourquoi l’on appose ici ou là sur tel ou tel de nos comportements un certificat de non-conformité, mais ne justifient pas un diagnostic d’injustice.

Quels seraient alors les objets du changement ? Objet correspondant tant à l’individu « je » qu’à l’ensemble « le monde » ?

« Des devoirs envers soi-même ? » Questions sans détour et d’une précision sans faille. En même temps que critique. Sur quoi s’appuyer lorsqu’il s’agit de fonder nos obligations envers autrui ?
Que ce soit à travers une analyse phénoménologique du rapport insigne de responsabilité qui nous lie à notre propre existence ou l’expérience des sentiments négatifs qui illustrent la structure hiérarchique de notre volonté, une défense de la philosophie morale kantienne et du concept de dignité, ou une relecture de Mill faisant une place au perfectionnisme ou encore à la reconnaissance des limites de la force normative du consentement, la réflexion philosophique trouve ici de quoi alimenter une salutaire perplexité.
Une première réponse montrerait que quand bien même la confusion serait avérée, elle serait moins dirimante que celle entre éthique et esthétique, entre jugement moral et jugement de goût.


Dernière interrogation.

Changer infère de se frotter à ce qu’on appelle la « priorité du juste sur le bien » avec le principe de neutralité éthique qui en découle : classiquement, elle répond au problème épistémique d’une divergence irréductible entre nos conceptions particulières de la vie bonne. En la faisant strictement reposer sur l’absence de valeur du rapport à soi par contraste avec le rapport à autrui.
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