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 "Tacet"

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2 participants
AuteurMessage
Larsen




Nombre de messages : 1
Date d'inscription : 08/02/2021

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MessageSujet: Re: "Tacet"    "Tacet"  Empty21/2/2021, 19:14


Il faut puiser à la source du silence pour regarder et écouter. (Notes de Krishnamurti)

Le silence et l’amour sont indissociables. Pour comprendre, soyez silencieux.

Il faut puiser aux sources du silence pour regarder et écouter. Le silence, ce n’est pas la cessation du bruit ; le silence, ce n’est pas l’arrêt du vacarme incessant de l’esprit et du cœur ; ce n’est pas le produit ni le résultat du désir, pas plus qu’un effet de la volonté. La conscience, dans sa globalité, est un mouvement incessant et bruyant, évoluant dans des limites qu’elle s’impose elle-même. Dans ce cadre-là, tout silence ou immobilité est la cessation momentanée du bavardage, mais c’est un silence touché par le temps. Le temps, c’est la mémoire, et pour elle, le silence est de plus ou moins longue durée ; le temps et la mémoire peuvent le mesurer, lui offrir un espace, lui donner une continuité — il devient alors un jouet de plus. Mais le silence, ce n’est pas cela. Tout ce qui est élaboré par la pensée reste du domaine du bruit, et la pensée ne peut absolument pas faire silence. Elle peut se forger une image du silence et s’y conformer, la vénérer, comme elle fait pour tant d’autres images de sa fabrication. Ayant fait du silence une formule, elle le nie par là-même ; les symboles qu’elle élabore sont la négation même de la réalité. Pour que soit le silence, la pensée elle-même doit être immobile et silencieuse. Le silence, à l’opposé de la pensée, est toujours neuf. La pensée, étant toujours vieille, ne peut en aucun cas pénétrer le silence, qui est toujours neuf. Ce qui est neuf devient vieux dès que la pensée le touche. C’est en puisant aux sources de ce silence qu’il faut regarder et parler. L’anonymat véritable est issu du silence ; nulle autre humilité n’existe. Les vaniteux seront toujours des vaniteux, même s’ils se drapent dans l’humilité, ce qui fait d’eux des êtres durs et cassants. Jailli de ce silence, le mot amour prend un tout autre sens. Ce silence n’est pas là-bas quelque part : il est là où n’est point le bruit que fait l’observateur absolu.

Envoyé par Larsen
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fellion




Nombre de messages : 39
Date d'inscription : 05/04/2020

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MessageSujet: "Tacet"    "Tacet"  Empty18/2/2021, 11:09

Entreprendre de parler du "silence" risque toujours de passer pour un goût du paradoxe.

Pourtant il vaut la peine de réfléchir sur ce qui est la plus radicale des négations, parce que négation de la parole même, pure abstention, alors que toute autre négation, en tant que contenue dans le discours est exprimée, contient une certaine quantité d'affirmation lorsqu'elle est posée.

Dans notre culture, le destin de "l'amour de la sagesse" est lié à celui du λôyoç, à la fois raison et verbe. La philosophie choisit la parole, contre le secret, contre la violence, contre le consensus irréfléchi. Cela ne se conçoit que dans le déroulement d'un discours, et non dans l'immobilité d'un silence.

Le philosophe est celui qui, à l'instar de Socrate, interroge, fait parler, brise le silence.

«On me dira peut-être: "Quoi, Socrate? ne peux-tu donc nous débarrasser de ta présence et vivre en silence?" (...) c'est peut-être le plus grand des biens pour un homme que de s'entretenir tous les jours soit de la vertu, soit des autres sujets dont vous m'en- tendez parler (...)» Platon, Apologie de Socrate, 37e — 38a.

Descartes débute son entreprise méthodique dans la solitude d'un quartier d'hiver où, comme il le raconte:
«ne trouvant aucune conversation qui [le] divertît... [il demeurait] tout le jour enfermé seul dans un poêle».

Il s'agit d'une méthode, et le méditatif s'enfermera non seulement dans son cabinet de travail, mais aussi en lui-même: «Je fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous les sens...», annoncera-t-il au début de la  IIIe Méditation.

Une pensée nouvelle est née de cette décision de faire silence.
Socrate sur l'agora, Descartes en son poêle: l'opposition de ces deux figures emblématiques doit nous conduire à réfléchir sur la place, dans la philosophie, de cette négation du discours que paraît être le silence.

Que savons-nous donc du silence?

à suivre


Dernière édition par fellion le 3/3/2021, 13:11, édité 1 fois
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