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 Quelle pratique philosophique pour l'entreprise ?

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Bernard



Nombre de messages : 232
Age : 63
Date d'inscription : 09/06/2007

MessageSujet: Quelle pratique philosophique pour l'entreprise ?   Dim 30 Juin - 20:51

Pour faire suite à la séance de ce dimanche 30 juin je vous joins pour information un lien vers le site de quelqu'un qui intervient en entreprise pour des ateliers de pratiques philosophiques. http://www.dialogon.fr/
Bien sûr pour voir un intérêt à ce genre d'interventions en entreprise il faut pouvoir envisager que l'intérêt des salariés qui participent à des ateliers de pratiques philosophiques puisse être convergent, au moins partiellement avec ceux de la direction de l'entreprise qui est demandeuse de ce genre d'ateliers.
L'intérêt de l'entreprise, c'est d'abord de survivre en améliorant l'efficacité de son fonctionnement (dont le profit qui sera distribué aux actionnaires est l'un des indicateurs, mais il y en a d'autres comme la part de marché, la satisfaction des clients etc.). L'intérêt des salariés de participer à des ateliers est par ailleurs, d'apprendre à penser, de pratiquer le questionnement sur soi-même, sur les autres et sur les situations, afin de résoudre les problèmes qu'ils peuvent rencontrés, problèmes techniques autant que problèmes de relations (mais au final tous les problèmes ne sont-ils pas des problèmes de relations humaines ?). Ces intérêts peuvent-ils être convergents, vers une meilleure efficacité de l'entreprise ?
Certains pensent que, non, les intérêts des salariés et de l'entreprise ne peuvent pas être convergents sur ce point car "faire penser les salariés" est toujours contraire aux intérêts de l'entreprise qui est de faire du profit. Ce qui sous entend que des salariés qui pensent diminueraient nécessairement l'efficacité de l'entreprise. Se rejoignent sur cette façon d'envisager le rôle des salariés, d'une part le patronat traditionnel, et d'autre part le syndicalisme révolutionnaire. Le patronat traditionnel en effet, met en avant le pouvoir de la hiérarchie, qui est censée toujours "savoir ce qu'il faut faire", et l'obéissance sans condition des salariés, qui ne doivent pas penser mais seulement obéir à la dite hiérarchie. Le syndicalisme révolutionnaire quand à lui, est également opposé à ces pratiques de "collaboration de classe", dans lesquelles ils ne voient que manipulation du patronat qui de toute façon, ne tiendra aucun compte de ce que peuvent bien dire les salariés dans ces ateliers. Pour le syndicalisme révolutionnaire une vraie pensée des salariés ne peut conduite qu'à la remise en cause du pouvoir de la direction des entreprises, et au delà des actionnaires,et au delà à la remise en cause du système capitalisme lui-même. Toute conclusion intermédiaire, qui viserait à améliorer le fonctionnement de l'entreprise, n'est pour eux que collaboration de classe, car pour eux le seul objectif à atteindre est le renversement du système par la lutte de classe (selon l'analyse de Marx).
D'autres pensent au contraire que les intérêts des salariés et ceux de l'entreprise peuvent converger sur le fait d'organiser des ateliers de pratique philosophique, qui amélioreraient le processus de pensée des salariés, rendant ceux-ci plus créatifs, plus aptes à gérer les changements, à travailler en équipe etc. Se rejoignent sur ces conclusions à la fois le patronat "progressiste" (c'est le sens des discours sur la management participatif, la travail en réseau, la pyramide hiérarchique inversée, l'implication des salariés etc.) et le syndicalisme réformiste qui admet que les intérêts des salariés sont convergents avec ceux de l'entreprise sur le fait que l'entreprise pour perdurer, doit maintenir et améliorer sa compétitivité sur le marché (pour conserver ses clients). Le patronat progressiste pense en effet que c'est par la participation active des salariés à l'amélioration du fonctionnement de l'entreprise que celle-ci obtiendra les meilleurs résultats (= le meilleur profit). Le syndicalisme réformisme accepte en retour que les salariés mettent leur capacité de penser, au service de l'entreprise pour en améliorer le fonctionnement. Mais néanmoins ce syndicalisme n'abandonne pas pour autant le lutte pour le partage du profit. La lutte de classe pour le partage de la plus-value (toujours selon l'analyse de Marx) est reconnu par eux comme une réalité, mais il ne s'agit plus d'une lutte pour la disparition de l'une des classes mais d'une lutte pour le partage du profit. Leur schéma est : coopération avec le patronat pour générer le plus gros profit et lutte syndical pour le partage de ce profit.
Cette analyse est un peu sommaire mais les remarques seront les bienvenues.
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