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 Le libéralisme permet-il de faire ce que l’on veut ou vouloir ce que l’on fait?

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Janine



Nombre de messages : 11
Date d'inscription : 05/04/2009

MessageSujet: Le libéralisme permet-il de faire ce que l’on veut ou vouloir ce que l’on fait?   Lun 13 Avr - 1:13

Le débat est animé par Bruno Paris,le 12.04.2009

Les thèmes
Le désir peut-il se passer du beau ?
Se tromper est-ce salutaire ?
Entre libre est-ce faire ce que l’on veut ou vouloir ce que l’on fait ?
La raison est-elle raisonnable ?
La règle ?
Philosophie est-elle compatible avec la pensée unique ?
La question retenue :
Etre libre est-ce faire ce que l’on veut ou vouloir ce que l’on fait ?
Bernard pense que cela a un rapport avec la politique parce que la liberté ne peut pas être indépendante de la politique.
José
Est-ce que nous faisons malgré nous ou est-ce que malgré nous, nous faisons ?
Nader
La pensée de l’Etat s'oppose t-elle à notre liberté ?
Jean Pierre
Sommes-nous libre en tant que citoyen ?
Maryse
Le libéralisme permet-il de faire ce que l’on veut ou de vouloir ce que l’on fat ?
Jaques D
Le libéralisme est une doctrine économique qui privilégie l’individu et une doctrine politique qui limite le pouvoir de l’Etat à l’égard de l’individu.
Jaques B
Vouloir ce que l’on fait n’est ce pas être contraint ? Pour Max Weber : «L’Etat détient le monopole de la violence physique». De toute façon on ne fait jamais ce qu’on veut dans un Etat lorsque la situation économique ne le permet pas.
Hypothèse 1 : Vouloir ce qu’on fait, ce n’est pas être libre. Alors la 2eme partie du dilemme c’est une illusion.
Bruno
La liberté s’oppose parfois à la libéralité. Lorsque je sais ce que je veux, je le veux.
George
Ce que nous faisons ici c’est une activité théorique. Comment passer au plan pratique ?
Quand on évoque une grand notion il est souvent éclairant de l’opposer à son contraire. Exemple : liberté et contrainte ou liberté et déterminisme.
Bruno
Faire ce que je veux ce n’est pas être libre car la liberté s’enseige et s’apprend. Si l’on veut attendre la liberté c’est au moyen de la sculpture de soi qui consiste à se maitriser soi-même pour acquérir une maturité, comme le dit Platon dans la République : «Celui qui sait se gouverner lui-même doit pouvoir vivre avec les autres sans la pression d’un Etat»
Hypothèse 2 : La liberté demande un effort sur soi-même.
Nader
La définition telle que Jacques nous a présenté du Libéralisme remonte au 18 et 19 siècle qui était une idée progressiste et intéressante. Mais le libéralisme tel que nous le vivons actuellement remonte à 1980 avec Ronald Regan aux Etats-Unis et Margaret Thatcher en Angleterre. Intitulé ultra libéral, il repose sur la croissance minimum de 3% et sur les reformes sociales visant à éviter l’émeute. Cela peut aller contre l’idée de vivre ensemble et contre l’idée de liberté individuelle car lorsque les individus sont monopolisés par la recherche d’un travail et par la faim peut-on affirmer qu’ils sont libres ?
Hypothèse 3 : Les contraintes basiques (Nourriture insuffisante, absence de travail ou trop de travail, manque de logement ou logement exigu…) ne permettent pas aux individus de vivre libre.
Bruno
Alain Laurent[1] s’est penché sur ce problème dans «individualisme et liberté» ainsi que Léo Strauss [2] dans «droit naturel et histoire» pour dénoncer le concept positiviste de l’homme économique Jaques D
L’opposé de l’économie libérale c’est l’économie planifiée par l’Etat. Aujourd’hui on a la liberté d’entreprendre de faire faillite ou de réussir. La question qui se pose est : peut-on faire plus dans un régime planifié ou libéral ?
Joëlle
«La fable des abeilles » de Bernard De Mandeville, 1705, explique le monde comme tourner vers le travail jusqu’au jour où l’introduction de la morale cause l’effondrement du système. Il en conclut que « Les vices privés font les libertés publiques » ce qui aurait inspiré Adame Smith.
Hypothèse 4 : Le profit tient lieu d’idéal.
Bernard
L'opposition, dans la question d'aujourd'hui, entre "Faire ce que l'on veut" et "vouloir ce que l'on fait" fait écho à la distinction entre liberté négative et liberté positive qui recoupe également la distinction entre liberté des modernes et liberté des anciens telle qu'elle est définie par les penseurs libéraux comme Benjamin Constant [3] (. La liberté négative se caractérise par l'absence de restrictions au libre exercice de mes droits individuels naturels: droit de ne pas être maltraité, d'exprimer mes opinions, de me déplacer librement ou je le souhaite, le droit de me réunir avec qui je veux, de pratiquer ou non la religion de mon choix ou de n'en point pratiquer mais aussi le droit de créer une entreprise, de faire du commerce etc. C'est cette liberté qui est mise en avant par les partisans du libéralisme et qui est selon Benjamin Constant la liberté des modernes qui est centrée sur l'individu et qui correspond à un élargissement de la sphère privée qui est ainsi protégée de l'intrusion de l'Etat mais aussi des corporations des religions. Ce type de liberté correspond donc à la définition "faire ce que l'on veut" qui présuppose d'ailleurs que chacun sache ce qu'il veut a priori. Cette liberté du "faire ce que l'on veut" peut vite tourner au désordre, à l'anarchie ou même au despotisme car là ou chacun fait ce qu'il veut la loi du plus fort donne vite l'occasion à celui-ci d'opprimer les plus faibles.
La liberté positive qui correspond à la liberté des anciens consiste en la possibilité pour les individus de participer à la vie de la cité, de définir par eux-mêmes la politique de la cité au lieu que celle-ci ne soit définit par un monarque ou toute autre autorité. Il s'agit ici de la liberté du peuple, de la liberté politique qui s'accorde donc avec la définition du "vouloir ce que l'on fait" car elle présuppose que la volonté est première et que donc cette volonté soit formée par l'éducation, par le travail sur soi de chacun, par la délibération collective, par la participation civique. C'est cette liberté qui a été théorisée sous la forme du contrat social par Rousseau par exemple. C'est par l'exercice de cette liberté qu'un intérêt général est défini.
Alors que conclure de cette distinction. Le libéralisme permet t-il de "faire ce que l'on veut" ? Oui car c'est la définition même du libéralisme qui donne la primauté à l'individu libéré des ses groupes d'appartenance qui le prédéterminais (sa religion, sa communauté, sa famille, son clan etc.) et s'inscris ainsi dans la tradition des lumières. Mais l'individu ainsi détaché de ses liens sociaux et public risque de se refermer sur sa sphère privée et délaisse ainsi sa participation à la vie civique. Il délaisse ainsi le controle d'un Etat qui est censé lui garantir ses droits individuels et la jouissance privée de ses biens. L'exercice de la seule liberté négative se retourne donc contre elle-même. Le libéralisme qui est censé la défendre se détruit lui-même. C'est pour celà que des penseurs libéraux comme Rawls [4] ont envisagé un rôle de l'Etat qui permette d'éviter cette dérive.
Autre point: le rapport entre libéralisme politique et libéralisme économique. Les penseurs du libéralisme du 18ème siècle ne faisaient pas de distinction entre ces deux types de libéralisme (politique et économique). Doit-on, à l'heure actuelle, remettre en question cette position de l'unicité du libéralisme? Le rôle néfaste des penseurs de l'ultralibéralisme économique (d'ailleurs associés au conservatisme social et politique le plus pur) pourrait nous le faire penser. Mais à l'inverse les expériences de remise en cause du libéralisme économique dans les pays communistes nous montre le danger d'une telle distinction entre la liberté économique et la liberté politique.
Jean
Le libéralisme politique en tant que conception politique ayant un système de valeur s’opposant à l’absolutisme donne au sujet la possibilité d’être un acteur de la vie politique. (Selon Ricardo et Jean Baptiste Sée), cela peut donner une focalisation sur les valeurs individuelles mais à l’intérieur de l’entreprise il y a une absence totale de liberté.
Hypothèse 5 : Les entrepreneurs peuvent à l’occasion devenir le nouveau esclavagiste du monde moderne
Bruno
Vouloir ce qu’on fait implique une notion volontariste de la liberté. Faire ce que l’on veut implique une notion individualiste qui ne se soucie ni des autres ni des employés des entreprises ni de l’Etat. Comment une pensé libérale débouche-t-elle sur un totalitarisme financier ? Les Etats-Unis veulent bien être libéraux mais à l’intérieur de leurs monopoles si bien que ce sont les conservateurs qui se sont emparés du libéralisme selon Alain Laurent
Hypothèse 6 : la dérive de la pensée libéral
George
La sophistication technologique associée à la cupidité, la non-reconnaissance de l’autre expriment l’excès immonde de l’homme vorace face à son semblable. C’est la forme la plus avancée et la plus brutale du capitalisme. Qu’y a-t-il entre les deux ? Comment en est-on arrivé là ?
Bruno
Où mène la croissance si on nous impose de fausses valeurs ?
Jaques
La liberté d’entreprendre, la libre concurrence en arrivent à prôner que « la raison de plus fort » est toujours la meilleure. Quel régime ne profiterait pas de sa force pour exploiter les moins forts ? Comment sortir de la raison du plus fort ?
Bruno
Le créateur d’entreprise est souvent un prédateur qui détruit aussi bien la nature que certains peuples. François de Closets dans les années 1980 estimait que la machine nous ferait entrer dans une société de loisir ! et les chômeurs !
Janine
La force objective de la communauté a quelque chose d’ambigu car on ne sait pas toujours limiter son extension et son désir d’expansion. Le suède réussit à exporter sa technologie mais elle ne l’impose pas au monde entier.
Nader
Actuellement il y a trois modèles à regarder : le suède pour son modèle social, la chine pour son économie planifiée et les Etats-Unis pour son modèle ultra -libéral. Quel modèle pourrait assumer la liberté individuelle ?
Jaques
Il faudrait agir comme si notre action pouvait devenir universelle.
Bernard
Je n’ai pas de surprise. Les raisons qui nous ont amené à la situation actuelle sont la politique ultralibérale de Reagan et Thatcher, plus internet. A l'opposé nous avons eu l'économie dirigée du communisme. Une autre voie existe peut être.

1. Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.[/b]
Alain Laurent (1939 - ) est un philosophe et écrivain français. Il a enseigné la philosophie dans des lycées de la région parisienne. Directeur de la collection « Iconoclastes » aux éditions Les Belles Lettres, il a fondé et il anime la société de pensée Raison, Individu, et Liberté. Il a également cofondé la French Ayn Rand Society avec José Luis Goyena et publie Le nouvel 1dividualiste, sur le modèle de The New Individualist, revue objectiviste américaine. Depuis 2004, il dirige une nouvelle collection aux Belles Lettres, « Bibliothèque classique de la liberté », où sont rééditées des œuvres connues et moins connues de Wilhelm von Humboldt, Frédéric Bastiat, Ludwig von Mises, etc. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Laurent,
lecture, 11.04.2009

2. Leo Strauss, (20 septembre 1899 à Kirchhain en Allemagne18 octobre 1973 à Annapolis, Maryland) est un philosophe allemand, émigré aux États-Unis, où il a fait une carrière universitaire, particulièrement à l'Université de Chicago. Leo Strauss est un philosophe spécialiste de philosophie politique, contemporain de Hannah Arendt, de Hans Jonas,
de Raymond Aron et d'Alexandre Kojève.

Il est plus connu dans les cercles académiques pour son travail continu sur la tradition classique et les conceptions classiques et modernes du « droit naturel », grâce à son ouvrage Droit naturel et histoire, paru en 1953, dans lequel il met explicitement en question la manière dont la sociologie,
sous les auspices de Max Weber, entend être une « science de l'homme »,
en « distinguant entre les faits et les valeurs ».
http://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Strauss, Lecture, 11.04.2009

3. Benjamin Constant voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Constant

4. John Rawls voir http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Rawls

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