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 Qu’-est ce que nous fait continuer à vivre? Proposé par Paule

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Pascal
Invité



MessageSujet: Qu' est-ce qui nous fait continuer à vivre ?   Lun 16 Aoû - 2:31

... tout d' abord une rectification à propos du commentaire de Nader :
je n' ai jamais dit : "vivre est plutôt espérer" ... au contraire
... parce que c' est justement le besoin voire l' addiction à une espérance qui fait obstacle à la relation, c' est à dire, à ce fait que nous sommes ensemble "naturellement", fait que nous partageons "de fait" et auquel nous sommes confrontés bon gré mal gré.
Parce que "la vie vit" : c' est ainsi, c' est un fait "naturel", la vie est relation, la relation est la vie !

Certes, la confrontation face au fait de la relation s' avère assez souvent difficile (et c' est peu dire !) parce que dérangeant, perturbant pour les opinions que nous avons de nous-même, le statut que nous occupons dans la société (surtout si celui-ci est important) ... etc

C' est ainsi qu' un problème d' un genre particulier apparaît : le problème de la relation, le "comment faire pour rendre la relation vivable ?" et qui se décline souvent en "comment faire pour rendre la vie vivable ?" ou bien "la vie vaut-elle la peine d' être vécue, quel sens donner à la vie etc ?".
Alors, nous cherchons des réponses, nous partons en quête et nous tombons dans un piège redoutable qui bouffe (toute) notre énergie c' est à dire notre capacité naturelle à faire face à la relation.

Parce que, ce qui pose problème ce n' est pas, comme nous le pensons, la relation mais au contraire le "comment faire pour éviter la relation telle qu' elle est ?", le "comment faire pour bricoler une relation qui nous convienne (relation j' appelle pseudo-relation ou non relation) ?"

La difficulté n' est donc pas de rendre la relation vivable mais de rendre la non-relation vivable et c' est pour ça qu' il y a problème parce que, dans la vie, dans le réel, la pseudo-relation, la non-relation ça n' existe pas !

Autrement dit, nous nous épuisons à essayer de faire vivre ce qui n' est pas la vie ... autant dire que l' échec est inévitable ...
"Vivre" n' a rien à voir avec "essayer de vivre".
"Essayer de vivre", c' est vouloir vivre hors de la vie : c' est impossible puisque nous, nous sommes vivants !

Et c' est en cet endroit que la nocivité du piège se manifeste ...
Parce que l' épuisement s' éprouve en lassitude, en sentiment d' isolement, éventuellement en dépression etc
A lui seul le sentiment d' isolement met en évidence la contradiction et la lutte dans lesquelles nous nous débattons, nous nous entêtons au risque de la noyade (la dépression).
Le premier pas hors de la prison (si nous pouvons parler ainsi) serait de se rendre compte qu' il n' y a d' isolement que parce que nous le fabriquons tout en étant persuadés d' agir en sens inverse !

Ce qui n' est pas évident, tellement nous sommes éduqués (formatés, conditionnés ?) dès l' enfance à fabriquer la pseudo-relation (que nous appelons, avec force convictions, "relation" bien sûr) : les procédés, les techniques pour ce faire ne manquent pas !

Nous, humains, nous sommes devenus de grands bâtisseurs : les villes, avec leurs impressionnants monuments construits pour faire mémoire ou pour "marquer le territoire", ces villes où tout est nommé, sont à l' image des conditionnements qui imprègnent nos cerveaux : un seul mot d' ordre : progresser par imitation ou par conviction ! bref, l' espérance est notre carburant ... les accomodements, les "arrangements" notre moteur, le progrès notre résultat.

Nos cerveaux sont devenus une véritable usine, que dis-je, une industrie à fabriquer de l' espérance et des accomodements ... surtout quand on s' y met à plusieurs (il y a même des pros spécialisés et performants dans ces domaines) !

Et quand nous fabriquons l' espérance, nous fabriquons aussi les problèmes pour la mettre en oeuvre : mettre au point les techniques pour atteindre le but fixé et délimiter le domaine relationnel où l' on intervient (il n' est pas possible de s' occuper du monde entier, voyons ! Et puis, ne proclamons-nous pas que chacun est "unique", "différent" etc ... c' est pour ça que les pros sont indispensables !).

Les problèmes sont le carburant de nos pseudo-relations ... et plus qu' on en a (de tordues, compliquées etc), plus nous sommes fiers en cas de réussite ... nous méritons récompense ! statut, notoriété, richesse etc
Réussir = faire croire à une majorité de convaincus et d' imitateurs que nos manières de penser et de faire sont les meilleures pour construire les "meilleures relations".

Seulement voilà, il y a un "hic" !
Car une "relation meilleure", ça n' existe pas ! Il ne peut y avoir de "meilleure" que la non relation. Il n' y a de progrès que dans la non relation, c' est à dire, les accomodements, l' illusion, la tromperie.
Utiliser l' expression "continuer à vivre" c' est accepter de se leurrer.

Parce que la relation authentique, elle, ne progresse pas : elle est ou elle n' est pas ! C' est comme l' amour, la liberté, l' honnêteté : il n' y a pas d' astuces, pas de biais, on s' y met ou on ne s' y met pas.

On découvre ainsi que la distinction "problèmes personnels, problèmes de l' humanité" est arbitraire, qu' elle est le fait du prince (le "moi" n' est-il pas, lui aussi, un prince, une autorité ?) : construire des limitations, des divisions rend insolubles les problèmes auxquels est confrontée l' humanité. L' actualité politique en apporte la preuve chaque jour !
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Nader



Nombre de messages : 28
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Qu’-est ce que nous fait continuer à vivre? Proposé par Paule   Dim 8 Mar - 19:31

Le séance animée par Bruno Café philo, le 08 . 03. 2009

Qu’-est ce que nous fait continuer à vivre? Proposé par Paule

Les thèmes
Draguer et après ?
Peut-on partager la souffrance ?
La maturité ?
La bêtise ?
Le courage ?
La femme est-elle l’avenir de l’homme ?
A-t-on besoin de philosophie ?
Y a-t-il une dictature de la mémoire ?
Pourquoi « le moment fraternité » Régis Debré
Qu’est ce qui nous fait avancer ?
Une économie sociale pourrait-t-elle remplacer le système actuel ?
La question de Paule a été retenue.


La problématique
L’instinct de survie ?
Le don de rebondir ?
Qu’-est ce que nous fait continuer à vivre?
Où va -t- on et a-t-on envie de le savoir ?
Qu’est-ce que persévérer dans son être ? (Spinoza)
Qu’ est-ce que nous fait naitre à nouveau ?

Qu’-est ce que nous fait continuer à vivre?
Michel
C’est la peur de la mort. C’est aussi faire des projets.

Jaques
Les êtres vivants sont programmés pour se perpétuer et se préserver de la mort. La thèse naturaliste.

Pascal
Il faut distinguer vivre et continuer à vivre qui n’est souvent que survivre. Vivre est plutôt espérer.

Bruno
L’instinct de survie est propre à l’animal, chez l’homme il y a d’autres choses : l’espérance et la religion.

George
La Fontaine dans «La mort et le bûcheron » dit « plutôt souffrir que mourir, c’est la devise des hommes »

Camus pose cette question : la vie mérite -t- elle d’être vécu ?

Et il répond dans « Le mythe de Sisyphe » que le suicide est le seule problème philosophique valable.

Au Japon le suicide est une affaire d’honneur. On se fait hara-kiri pour sauver l’honneur.

Pour Freud l’inconscient ne connait pas la mort et pourtant toutes les religions proposent une vie après la mort.

Simon
Si on donne un sens à sa vie c’est qu’on domine le mécanique.

Farid
Ciorant, réfugié roman, n’a cessé de parler de suicide mais il a vécu très vieux dans sa petite mansarde. On ne donne pas un sens à s vie mais à sa souffrance. La pression sociale et idéologique empêchent souvent le suicide.

Claudine
Dans les rêves lorsqu’on mort de mort violente cela signifie renaitre. Il ne faut pas se complaire dans le passé, il faut savoir faire son deuil. Et alors les drames humains n’empêchent pas que la vie continue.

Daniel
Le sens de la vie nous échappe en partie, vivre c’est être en quête de sens. Trouver un intérêt au monde.

Bruno
Le souci de soi qui implique le souci des autres.

Jean Pierre
Ce qu’il y a de commun entre les hommes, c’est affronter les difficultés, ce qui amène le dépassement de soi et le sens de l’effort, le courage.

José
Tu ne tueras point, l’homicide

Janine
Je dirais plutôt tu ne te tueras point(le suicide)

Jonathan
La quête de bonheur d’une part et le besoin de contrôler sa vie d’autre part, voilà ce qui donne le courage de vivre et éloigne de la dépression. Quand la mort est proche, il arrive qu’on l’accepte.

Philippe
Chaque matin est une renaissance et la promesse d’un autre jour. La maturité permet de dialoguer sereinement avec la mort. Moi, j’aimerais mieux mourir que souffrir.

You
Nous sommes heureux de vivre.

Janine
Il faut imaginer Sisyphe heureux. Il accomplit son châtiment mais il ne lutte plus avec la mort

Michel
Et du coup il est en accord avec les dieux et son destin. Il veut l’immortalité, il l’a. Le problème de la mort ne se pose plus pour lui.

Nader
Le problème et avant tout une question philosophique, humain et sociale. Pour creuser la problématique, je repose la question de Sartre : Comment peut-on choisir entre la guerre et s’occuper se sa maman ? Répondre à cette question nous amène vers le sens de vie chez l’être humain. Je suis contre la thèse de programmation des naturalistes car je pense que l’homme doit agir pour l’homme dans la société.


Marie Thérèse
Pour continuer à vivre il faut respecter la vie et cela commence aux minéraux qui nourrissent les plantes qui nourrissent elles mêmes les animaux qui nourrissent l’homme. L’animal apporte aussi une dimension émotionnelle et l’homme apporte la conscience. Le fait d’opposer physique et intellect amène une déconnexion dramatique de l’être humain. C’est le don de soi qui est le principe de la vie et de l’univers.


George
Il faut lire « La théorie de la religion » de George Bataille

Bruno

Synthèse
Ce qui nous fait continuer :



  • La peur de la mort, Schopenhauer .
  • La peur de la misère
  • La thèse naturaliste : l’instinct de vie
  • Le fait de donner un sens à la souffrance, le
    sens positif : faire son deuil et le sens négatif : s’accrocher
    à son passé

  • Le bonheur de la vie : « Carpe diem »
  • Le voyage de la vie ne compte pas par sa fin
    mais par ses détours.

  • La solidarité avec les autres et l’amour de
    l’humanité

  • C’est le don de soi qui est le principe de la
    vie et de l’univers.

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