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 Qu’est ce qui rend la persuasion si difficile ?

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AuteurMessage
Pascal
Invité



MessageSujet: Qu' est-ce qui rend la persuasion si difficile ?   Ven 6 Mar - 21:36

Réponse : l' exigence de vouloir persuader ! (mais oui, mais oui !)
Parce que cette exigence impose un effort sur soi (sur moi) pour exercer une pression sur l' (les) interlocuteur(s).
Et quelle est la raison d' être (et qui est aussi la finalité) de cet effort ?
Réponse : maintenir (voire consolider) les justifications qui assurent la solidité et la pérennité de mon moi (au sens large) à moi (et j' y tiens au combien ...) en affaiblissant les justications etc du moi de(s) interlocuteur(s).
Evidemment le moi de(s) interlocuteur(s) se défend(ent) et résiste(nt) ...
Que c' est difficile, épuisant ... et dépendant des circonstances (par ex, les campagnes électorales) ... il faut lutter, se battre, inventer et mettre en oeuvre une stratégie pour concentrer énergie, savoir, expériences, astuces, soutiens, assistances, copains, connivences, alliances (de circonstances ou non) ... et argent (... beaucoup) !
et déjouer manoeuvres et pièges des adversaires - qui eux aussi veulent persuader ...

Ainsi, il est souvent nécessaire de persuader d' abord au rez de chaussée (ratisser large ...) pour pouvoir persuader au 1er étage ... et ainsi de suite ...
Parce que là où il a lutte pour persuader, nous nous trouvons souvent face à une organisation ou une connivence implicite avec sa hiérarchie et ses spécialites.

Persuader est donc une tâche "toujours" difficile et coûteuse.
Et donc, avant de se lancer dans une telle guerre il faut tâter le terrain, prendre connaissance de la puissance, des armes et des alliances connues ou cachées de l' adversaire (voire l' ennemi), évaluer les coûts de toute nature - notamment les risques de "perdre la face" (affaiblissement, voire déroute, de mon moi) ....
...... alors, êtes-vous persuadés ?

ou bien sortons-nous du pays de l' acceptable et de l' inaceptable, des opinions, des convenances, de la respectabilité et de la discrimination afin d' entrer dans le pays des faits, du discernement, de l' objectivité, de la sensibilité, de la vérité, du vrai, du faux.
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Nader



Nombre de messages : 28
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Qu’est ce qui rend la persuasion si difficile ?   Dim 15 Fév - 20:30

La séance est animée par Bruno, le 08.02.2009
Nader et Jeannine
Les thèmes proposés
La foi
Dimitri: Le développement durable et le nouvel ordre mondial
Pascal: Le philosophe est-il un névrosé ?
Jean: Pour être objectif, faut-il tenir compte de la subjectivité ?
X: Ya-t-il un gagnant dans une guerre ?
X: La bêtise ?
Monique: Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?
Jean: Qu’est ce qui rend l’écoute si problématique ?
X: Qu’est ce que l’état de guerre ?

Le thème choisi: Qu’est ce qui rend l’écoute si problématique ?
Jean: Je vais parler des enjeux de la communication en générale touchant tous les domaines de la connaissance.
Qu’est- ce qui fait qu’on ne s’entend pas ? Qu’on ne communique pas ?
Que le message ne passe pas ?
L’enjeu philosophique est l’action de convaincre. Comment rendre possible l’adhésion de l’autre ?
Comment éviter le refus d’entendre ?
Paule: L’écoute concerne le langage et évite les pièges de l’image.
Jaques: C’est aussi la persuasion qui est en cause : qu’est ce qui rend la persuasion si difficile ?
Pascal : L’écoute si elle est réelle ne pose pas de problème. On pourrait se demander qu’est-ce qu’écouter?
José: Toutes les vérités sont-elles discutables ?
Bernard: Pourquoi ne comprenons-nous pas ce que l’autre nous dit ?
Philippe: Comprenons-nous mal ?
Simone: Quelle est la part de subconscient ?
Nader: L’écoute est-elle liée à un champ d’investigation ?

La question retenue : Qu’est ce qui rend la persuasion si difficile ?
Cécile: C’est l’orgueil du récepteur qui rend la persuasion difficile.
Jacques D: Ce n’est pas l’orgueil mais plutôt le désir de sécurité, la peur d’être déstabilisé dans ses croyances ou son énergie qui rend la persuasion difficile.
Pascal: Thèse opposée aux deux précédentes: L’orgueil est dans celui qui parle et non dans celui qui écoute ?
Bruno: La dignité ou l’estime de soi merend sourd à ce que l'autre me dit.
Amir: C’est facile de persuader surtout en politique car l’ambigüité est consubstantielle au langage.
Michel: L’attention se disperse et l’intérêt faiblit.
Jean H: On a souvent peur de ce que l’autre veut nous dire, on a aussi parfois l’envie de s’affirmer comme égal ou même de prendre le pouvoir en coupant la parole.
Paule: Le message ne passe que s’il est clair et s’il a un contenu. C’est absurde de chez Absurde comme on dit aujourd’hui ne passe pas.
Simone: L’écoute se prépare et s’oriente
Jacques A: Les idées peuvent concerner ce qui est vrai ou ce qu’il faut faire. Nos préférences ou nos buts entrent en jeu. Si la persuasion était facile elle n’aurait aucun intérêt.
Lydie: Un message nébuleux n’accroche pas. Un message égocentrique attire le rejet.
Nader: Les remarques de nos amis vont la plupart du temps soit coté récepteur, l’orgueil, le désir de sécurité, la dignité, la distraction, la prise du pouvoir soit côté émetteur, son orgueil, sa clarté, sa bonne préparation, son goût de la difficulté...etc., alors il faudrait préciser notre champ d’investigation car les enjeux des émetteurs sont différents. Exemple, un homme politique, un enseignant, un père de famille, une
maman ne suscitent pas le même intérêt chez le récepteur. La distance sociale entre émetteur et récepteur entre en jeu également. Pour mieux comprendre la problématique de la distance sociale, cf. l’article de Pierre Bourdieu, « comprendre ».
Jonathan: Les religions utilisent toujours les mêmes arguments mais ceux-ci ne sont pas toujours reçus à cause de la façon dont ‘ils sont délivrés. L’esprit croit ce qu’il peut voir, entendre et vérifier et aussi ce qui le rassure ou le valorise, bref côté cérébral et émotionnel.
Dimitri : Amir souligne combien il est facile de se laisser persuader en politique mais en pédagogie et en Droit, c’est plus difficile. Selon Michel Mayer (1) le questionnement dans la problématique d’aujourd’hui, l’éthos, le pathos, le logos peuvent tour à tour être objectifs ou subjectifs.
La parole du sage n’est reçue que si l’on aspire à la recevoir.
Claudine: Si l’on parle d’émetteur et de récepteur, c’est qu’il n’y a pas d’échange. Pour arriver à persuader il faudrait un «feed back», un retour, une capacité à se mettre sur le terrain de l’autre.
Bruno: La compréhension incomplète, l’émotion, le contexte politique ou pédagogique peuvent nous couper du message. C’est lorsque je suis simple que je suis facile à persuader et la simplicité est ce qui touche le plus directement. Cf, L’idiot de Dostoïevski
Laurence: Les démagogues ont peu de mal à toucher tout le monde car les mécanismes de défense du récepteur rejettent l’inconnu.
Imine : S’agit-il de persuader ou d’échanger ? Toute communication demande
1) des idées claires
2) une prise en compte de l’autre, de ses émotions et de ses idées
3) une ouverture à l’autre.
Jean Pierre: Philosophiquement quelle prétention de prétendre persuader ! Ou est la vérité et la sincérité ?
Paule: Persuader, c’est du grand art. L’éloquence s’apprend. Bossuet arrivait à tenir son auditoire en haleine pendant des heures en flattant son bon sens.
Bruno: C’est le propre des sophistes de persuader les gens malgré eux.
Jaques D: La vérité c’est ce que vous avez le plus d’intérêt à croire selon William James. Ce qui rend la persuasion difficile, c’est que je ne me mets pas à la place de l’interlocuteur. Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute, dit La Fontaine.
Pascal: La persuasion est un combat. Il n’y a ni émetteur ni récepteur. C’est le réel qui est en cause.
L’écoute n’est pas une affaire d’émetteur-récepteur mais d’échange.
Daniel: Persuader, c’est vaincre les résistances, c’est débusquer les inerties qui ne s’avouent pas, c’est animer.
Bernard: La suspicion sur les enjeux du discours peut bloquer l’écoute. Lorsque l'on pense que les vrais raisons de notre interlocuteur se cachent derrière les apparences de son discours on ne l'écoute pas. L'art de l'éloquence est fait pour cacher les vrais raisons de son discours. De même les philosophes du "soupçons" pensent que ce qui est dans le discours n'est pas la réalité. Pour Nietzsche les idoles nous cachent la réalité de la vie, pour Marx l'idéologie nous cachent les intérêts de la classe dominante, pour Freud c'est l'inconscient qui nous cachent la réalité. A l'inverse Socrate part du principe que ce que dit l’autre est toujours vrai. Il se déclare ignorant et ne porte donc pas de jugement de vérité sur ce que dit l'autre. Puis il travaille à partir de ce que lui dit l'autre en le questionnant avec des arguments rationnels. Socrate questionne l'autre car il se questionne lui-même sur le discours de l'autre. Il se met ainsi sur le même plan et apprend avec l'autre.
Jean H: Dire, «je comprends» ne signifie pas je suis d’accord.
Dans un tribunal la court a reconnue le prévenu non coupable, mais lui a recommandé de ne pas recommencer.
L’émetteur doit savoir préparer l’écoute comme un paysan prépare la terre de son champ à recevoir la graine : le geste, le regard, le verbe font partie de la persuasion.
Michel: La discussion est libre et permet toutes les interruptions.
Philippe
Je vaudrais exprimer (en quelques mots,et très bref...!), qu'il nous faut de la modestie, une modestie voulue,décidée, pour se mettre en situation d'écouter vraiment l'Autre qu'en général il nous semble difficile à convaincre, parce que nous pensons instinctivement à Notre intérêt, celui que nous défendons plutôt qu'au sien....
(1) Michel Meyer, né le 11 novembre 1950,est un philosophe belge et professeur à l'Université Libre de Bruxelles. Sa réflexion porte principalement sur la rhétorique à laquelle il a largement contribué par l'introduction d'une approche de l'argumentation qu'il nomme la « problématologie ». Il est économiste de formation, maître ès arts (John Hopkins, États-Unis), licencié et docteur en philosophie (1979).
Élève de Chaïm Perelman, dont il beaucoup contribué à faire connaître la pensée, Michel Meyer a également consacré des travaux à la philosophie analytique, à Kant et à l'ontologie.
Bien que se revendiquant d'une approche moderne de la rhétorique et du langage, Meyer reste fidèle à la tradition aristotélicienne (La Rhétorique, Les
Topiques
) dont il renouvelle les questionnements à la lumière des théories
contemporaines de l'argumentation et de la philosophie du langage.

À travers son approche problématologique, Meyer s'est également intéressé aux problèmes posés par l'esthétique et, en particulier, la littérature. Dans la même perspective, il propose également de comprendre la réalité- notion problématique par excellence - en l'intégrant dans la dynamique (rhétorique) question/réponse qu'il place au centre de la problématologie et, plus largement, de la philosophie.
L'œuvre de Michel Meyer pourrait se scinder en deux parties : d'une part, la mécanique problématologique proprement dite – qui se retrouve dans De la problématologie et Questionnement et historicité - et, d'autre part, l'application de celle-ci à une thématique quotidienne susceptible de rencontrer n'importe quel individu au cours de son existence ; existence qui justement fait l'objet de questions.
Ce ne sont pas seulement des philosophes qui cherchent un sens à notre vie, c'est aussi les astrophysiciens, les médecins, et bien d'autres personnes encore. Seulement existe-t-il un sens à notre vie ? Voilà une question mille fois ressassée, des présocratiques jusqu'aux chercheurs
d'aujourd’hui, et qui ne trouve pas réponse parce qu'elle est toujours
présentée sous un même voile, celui de la tradition philosophique, celui d'une histoire de la philosophie – certes très importante – mais qui ne sort pas d'un système qui, à première vue, peut paraître clos. Michel Meyer casse cette approche classique pour renouer avec les fondements même de la pensée – de notre pensée -, de notre existence et des questions qui s'y rattachent.
Relecture 08.02.2009,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Meyer_(philosophe)
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