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 Le passé s'oppose t-il à la liberté ?

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Nader



Nombre de messages : 28
Date d'inscription : 03/08/2008

MessageSujet: Re: Le passé s'oppose t-il à la liberté ?   Dim 8 Fév - 22:15

Remarque.
Janine et moi-même avons pris cette incitative de rédiger un petit compte rendu de séance pour chaque dimanche. Nous sommes prêt à rectifier ce qui pourrait manquer ou être erroné.
Nader

La séance est animée par Bernard Paris, le 01 février 2009

  • Faut-il préférer le bonheur à la vérité ?
  • Qu’est ce qui nous fait penser que les mêmes causes font toujours les mêmes effets ?
  • Peut-on se débarrasser du passé qui « nous rattrape toujours » ?
  • Vivons-nous pour nous-mêmes ou pour les autres ?
  • L’inexprimable doit-il être exprimés ?
  • Que-ce que la sympathie ?
  • Faut-il aider les pauvres ?
  • Qu-est que le talent ?
  • Qu-ce que la beauté ?
Thème envisageable
Peut-on se débarrasser du passé qui « nous rattrape toujours » ?

Jacques : peut-on être indépendant de notre histoire ?
Pascal : Sommes-nous notre passé ?
Sommes nous dépassés par notre passé ?
Que resterait-il de nous sans notre passé ?
Est-on conscient de notre passé ?
Jeanine
Mon passé s’oppose-il à ma liberté ?

La question retenue :
Le passé s’oppose-t-il à la liberté ?
Nader
Le problème pourrait être examiné sur le plan individuel, méthodologique et historique.
Sur le plan personnel je me suis confronté à certains individus qui n’arrivent pas à abandonner certaines habitudes. Par exemple, une étudiante est venu me voir pour une dérogation car à chaque fois qu’elle décide de travailler sérieusement, elle n’y arrive pas.
Un copain essayer de stopper la cigarette mais sans succès.
Sur le plan méthodologique, lorsqu’il y a un débat, par exemple sur Israël et la Palestine, certains intervenants font appel au passé.
Sur le plan historique et social,
il faut préciser que notre passé repose sur trois étapes distinctes : la
socialisation primaire, la famille et les parents, la socialisation secondaire,
l’école qui nous forme, et notre métier qui nous insère dans le monde du
travail.

Jacques ;
Sartre : L’homme est ce qu’il fait de ce qu’on a fait de lui.
Une définition
L’en soi : il désigne une chose dans sa nature propre ; indépendamment de l’apparence et conformément à la réalité
Pour soi : Caractère propre de la connaissance que l’être conscient à de lui-même par opposition à l’existence en soi.
(L’en soi s’oppose au pour soi)
Michèle
Le moi se constitue sur une mémoire
Jeanine
Dans « le voyageur sans bagage », Jean Anouilh, (1910- 1987), met en seine un amnésique total. A la recherche de son passé, il retrouve sa famille et l’image qu’elle renvoie de lui est si négative qu’il ne peut l’accepter alors il se retourne vers un jeune orphelin pour devenir son seul parent.
Philippe
Dans le passé de chacun d’entre nous il y a de l’inné et de l’acquis ; un fardeau et une ouverture dans laquelle on retrouve le fil de sa vie.
Eliane
Nous sommes acteurs et juge de notre passé comme le dit Arnaud Desjardins
Claudine
George Perec reconstitue son passé par les mots dans « Je me souviens »
Anny Duperey fait la même chose dans « Le voile noir»
Le filme « L’homme sans passé » nous donne le même message et Françoise Sagan dit « Je ne sais pas ce que le passé me réserve »
Les traumatismes trop grands nous coupent de nos émotions, donc de notre passé.
Alors, certains passés ne peuvent pas nous rattraper.
Simone :
Tout le monde reconstruit son passé même si les faits sont têtus.
Marc
Refuser son passé, c’est perdre son identité.
José
La toute puissance de présent dans la vie nous fait oublier le passé : Icare s’envolant est oiseau. Il meurt oiseau.
L’idée de José est intéressante
dans la mesure où elle recoupe la thèse de Maurice Halbwachs, sociologue
français, les cadres sociaux éclatent la mémoire. Autrement dit, le passé se
construit toujours en fonction des enjeux du présent.
Pascal
Reconstruire son passé c’est être partial ; n’est-ce pas reconstruire une autre prison ?
Jean
Le passé et la mémoire sont deux choses différentes. Le passé ne peut être refait tandis que la mémoire est une construction. Le passé n’est pas dans les domaines de la liberté qui n’existe que par rapport à la mémoire.
Amir
L’inconscient neutralise, anéantit la liberté, l’analyse y remédie parfois. La liberté n’est pas de faire ce qu’on veut mais de faire ce que l’on doit.
MC : Avec la psychanalyse on peut se libérer de certains comportements liés à des expériences traumatiques.
Michel
L’identification de moi-même à mon acte doit respecter mon être profonde(pour peu que je le connaisse). Les événements sont comme de nœuds que l’on dénoue
Jean Pierre
A un moment donné on prend conscience de son passé : tous les enfants gardent de séquelles de leurs premiers douleurs. Ils pourraient faire table rase mais c’est un devoir de mémoire de se construire comme adulte membre d’une communauté.
Jacques
Pourquoi cette question ? Pour vivre mieux et exercer sa liberté, est-il indispensable de réveiller sa mémoire ou son histoire ? Il faut faire au mieux avec ses propres capacités pour peu qu’on les évalue justement.
Claudine
Le coup de foudre fait table rase du passé mais c’est contre la liberté.
Maryse
La maladie organique, le groupe sanguin nous relient au passé de notre lignée.
Simone
On a plusieurs identités mais « je est un autre » donc totalement libre Arthur Rimbaud
Michel
Nous avons plusieurs appartenances parce que nous sommes en devenir.


http://thegrou.chez-alice.fr/anny_duperey.php,
lecture, 08.02.2009
Anny Duperey
est connue du grand public à travers son métier de comédienne. A l'évocation de son nom, une image mentale se forme, celle d'une femme arborant un magnifique sourire. La façade est parfois trompeuse, elle peut cacher une fissure profonde, une fragilité des fondations, une faiblesse de l'édifice tout entier.
Le voile
noir
(1992), Éditions du Seuil
Ce livre est un témoignage autobiographique très fort. C'est un cri de douleur et de libération.
En photographie, si une lumière parasite vient perturber le tirage des clichés, un voile se forme. Pour peu que la perturbation soit forte, le voile sera complètement noir et masquera tous les détails de l'image. Anny Duperey souffre de la maladie du voile noir. Lorsqu'elle était enfant, son développement fut complètement bouleversé par la mort brutale de ses parents. Pour supporter l'insupportable, la petite Anny a recouvert son petit passé d'un masque opaque.
Une sorte de négation de l'enfance. Puis Anny a grandi. La stratégie de
l'évitement laissait entrevoir quelques faiblesses. Un jour, il lui faudrait
regarder sa vie en face et lever enfin le voile. C'est ce qu'elle a fait à
travers ce témoignage.
L'écriture peut être une thérapeutique, ce livre en est l'illustration. Anny
Duperey a utilisé le papier pour soigner cette douleur. Avec impudeur, elle
nous livre ses doutes, ses rages, ses chagrins, son univers. On peut comprendre le cheminement de sa pensée en suivant son stylo. Le voile va-t-il disparaître?
La douleur va-t-elle cesser? Rien n'est moins sûr et l'interrogation persiste à
la fin de l'ouvrage. Pourtant, on est heureux d'avoir reçu tant de confidences.
La construction du récit s'articule autour des photos du père d'Anny. Chaque image fait surgir des questions et parfois des souvenirs. Chaque souvenir est analysé avec finesse. Ce qui aurait pu n'être qu'une succession
d'anecdotes prend alors une autre dimension. Les actes anodins ont souvent une portée plus large que ce qu'ils laissent paraître et c'est ce que parvient a nous révéler l'auteur.
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Bernard



Nombre de messages : 227
Age : 63
Date d'inscription : 09/06/2007

MessageSujet: Le passé s'oppose t-il à la liberté ?   Dim 1 Fév - 20:12


Pour poursuivre le débat de ce dimanche je vous propose une libre retranscription de mes notes et quelques réflexions complémentaires:
Pour vivre libre "du passé faisons table rase" disaient les révolutionnaires ne croyant qu'en la toute puissance du présent pour construire des lendemains qui chantent. Notre passé est jalonné par les différentes phases de notre socialisation dans notre famille, à l'école puis dans les différentes institutions et dans la culture dans laquelle nous avons grandi. Nous sommes ainsi ce que la société a fait de nous. Dès lors nous ne sommes pas libre car nous sommes le résultat de ce que nous n'avons pas voulu, de ce qui nous a été imposé par la société. Comment alors devenir libre ? En changeants les cadres sociaux (par la révolution comme le proposent les révolutionnaires) ou alors en changeant de cadres sociaux c'est à dire en s'échappant en tant qu'individu de notre condition sociale. Action collective ou action individuelle, dans les deux cas, devenir libre c'est agir pour échapper à ce qui nous a fait. Mais ce peut être aussi ne pas tenir compte de "ce qui nous a fait": Peut importe mon passé j'agis comme je le veux, je suis libre.
Mais est-ce si simple de changer ce qui nous a fait ou d'en faire abstraction ? Peut-on oublier son passé ? Et même si cela était possible cela nous donnerait-il plus de liberté ? Il semble en effet que ce ne soit pas le cas comme le montre l'exemple de l'amnésique qui, ayant tout oublié de son passé n'est pas pour autant plus libre car il n'est plus rien.
On ne peut pas se défaire de son passé, il fait partie de nous-même, il nous constitue. Toute notre histoire nous a fait ce que nous sommes. Ne serait-ce pas plutôt en s'appuyant sur lui, en le mettant en lumière, en allant le chercher jusque dans les recoins de notre inconscient que l'on peut construire son avenir ? N'est-ce pas en devenant conscient de ce que notre passé a fait de nous que nous pouvons devenir libre ? Notre passé est ainsi le socle sur lequel on peut façonner notre avenir. Ainsi on peut dire en jouant sur le mot "présent" que "l'avenir est un présent que le passé nous fait".
Mais le passé, même enfoui dans notre inconscient, ne nous est accessible que par la mémoire. Si la remémoration de notre passé passe par notre volonté d'y voir plus clair en nous-mêmes, sur ce qui nous a fait ce que nous sommes, alors nous devenons plus libres. Mais si cette remémoration se fait au gré de nos émotions présentes qui rencontrent à travers notre mémoire nos émotions passées, alors nous restons prisonniers de notre passé comme nous sommes prisonniers de nos émotions.
Nous pouvons donc conclure que ne pouvons pas échapper à notre passé mais que cela ne nous conduit pas nécessairement à en être prisonnier. Nous pouvons construire notre liberté en travaillant notre mémoire du passé pour mieux nous connaître et nous accepter. Et si la liberté est dans l'action alors nous pouvons dire avec Sartre "L'homme est ce qu'il fait de ce que l'on a fait de lui".
Au delà de ce débat où nous avons vu que la liberté ne pouvait pas être négation, oubli ou occultation du passé il me semble néanmoins que nous avons à faire à deux attitudes différentes dans la conduite de ses propres actes, individuellement comme collectivement. Soit nous pouvons nous pencher, comme la conclusion du débat pourrait nous y pousser, sur notre passé pour le connaître, pour le décrypter, pour le découvrir, pour l'analyser, comme par ailleurs l'air du temps nous y conduit au travers de la mode de la généalogie, de la recherche de ses origines biologiques ou culturelles, de son (ou ses) identités. En bref nous pouvons nous laisser séduire par ce retour sur nous-mêmes et sur notre passé. Soit alors nous pouvons nous tourner vers les autres et vers notre futur pour construire ce que nous voulons être individuellement et collectivement. De ces deux attitudes devant la vie, laquelle est-elle la plus propice à notre liberté ?
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